Archives mensuelles : août 2014

western cassoulet sous les tropiques

Nous voila devenus, nous Martiniquais, semblables à ces indiens des westerns à l’eau de colon que nous allions voir le dimanche au cinéma, après avoir ingurgité les louchées de sermons au vinaigre du curé.

Comme des indiens dans une réserve, à nous chamailler pour une  bouteille d’alcool frelaté, un regard de travers ou  une paire de fesses usagées, pendant que les gentils pionniers installent leurs roulottes sur les terres de nos ancêtres.

Nous sommes comme des indiens dans un mauvais western d’Hollywood.

Nos terres ont été empoisonnées par les voleurs d’avenir et les marchands de pacotilles.

Nos femmes se comportent comme des écervelées frivoles qui font les coquettes dans les diligences à la mode ou se disputent les morceaux de chiffons bariolés des magasins des colons.

Nos fils sont devenus des voleurs à la petite semaine qui s’entretuent pour un mulet de fer, une barrette de crack, une poignée d’euros ou juste pour le plaisir de faire gicler le sang.

Nos hommes soupèsent leur virilité dans des bouteilles de rhum tord-cervelle fabriquées par des contrebandiers amis des grands planteurs.

Nos vieux, dans un coin de l’écran, crèvent,  emmurés dans la solitude et la tristesse avec leurs vieilles histoires du passé que plus personne n’écoute.
Pendant ce temps, les gentils visages pâles installent leurs roulottes et plantent leurs chimères d’Eldorado sur les terres de nos ancêtres.

Nous sommes comme ces indiens de la réserve du grand Manitou que nous allions visiter le dimanche au cinéma après avoir ingurgité les louchées de sermons au vinaigre du curé.

Sur le grand écran de l’histoire, dans un nuage de fumée médiatique, notre vie s’effiloche au triple galop.

Jamais l’on ne voit nos visages sombres ni nos têtes crépues, jamais l’on n’entend  nos voix et nos cris, seulement le vacarme des caravanes, la ronde impitoyable du progrès-consommation et les rires des pionniers qui plantent leurs piquets de propriétaires et accrochent leurs barbelés d’acier aux entrailles de notre terre.

Le film maintenant tire à sa fin.

L’indien sauvage se balance au bout de la corde de la civilisation, et nous descendants de nègres d’Afrique, cargaison incongrue du passé, oubliée sur une plage tropicale par un coursier mandaté par Louis le quatorzième, amnésiques, déboussolés et abrutis par les livres d’école du colon, nous sommes en train de trépasser, à tout petit feu, gorgés d’alcool, de chimères, de stupéfiants et de marchandises, piétinés par les sabots  d’acier des supermarchés.
Au journal télévisé, chiffonné, bâillonné,  le shérif du comté, le doigt sur la détente, passe en hélicoptère dans le ciel tricolore et sur la ligne d’horizon de la terre promise, les pionniers utilisent les éperons de leur jolie langue fourchue pour réécrire le scénario de l’histoire,  pendant que se succèdent les publicités ensoleillées, gesticulent les bandits en costumes trois-pièces, s’activent les marchands de pizzas et de Pig-Mac, défilent les interminables rangées de chômeurs subventionnés, se contorsionnent les serpents à sonnettes et paradent les véliplanchistes de carnaval.

Comme des indiens dans un très mauvais western d’Hollywood.

Claude Ledron. [cml_media_alt id='851']Vieil indien[/cml_media_alt]

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La jeunesse : coeur de la mission sociale d’ANBABWA

[cml_media_alt id='196']sentinelle2[/cml_media_alt]L’association se fixe […] comme but de contribuer, par la  formation à la pratique des arts et la sensibilisation aux problématiques culturelles, à l’éducation citoyenne des jeunes générations.

Extrait des statuts de l’association culturelle ANBABWA ARTS

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ANBABWA ARTS

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       NOS COORDONNEES

  • Siège social : 19 lot Autre-bord, 97231 Trinité.
  • Tél : 0696 07 83 23
  • Site web : anbabwa-arts.fr
  • Email : anbabwa.arts@gmail.com
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Art et engagement…

Depuis la fin des années 1960, la question de la portée politique de l’œuvre littéraire et artistique n’a cessé de se poser, interrogeant sa capacité à concilier enjeux politiques et esthétiques. Dans ce débat qui ne cesse de s’enrichir à mesure que la définition de l’œuvre devient plus complexe, passer par l’exemple et le particulier devient inévitable et nous permet de saisir comment certaines œuvres aboutissent à un équilibre, sinon à une conciliation, efficace.

Pour en savoir plus :

http://www.laviedesidees.fr/Art-et-engagement.html

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Poème : dépliant touristique

Mon pays n’est pas,
Cette doudou d’opérette,
Cette poupée de sable métisse au profil de catin,
Qui se déhanche sans fin
A l’horizon manufacturé de vos fantasmes exotiques.

Mon pays n’est pas,
Cette pom-pom girl tropicalisée,
Cette greluche créole aux accents parisiens,
Enivrée aux effluves publicitaires
Des rhumeries liberticides du passé.

Mon pays n’est pas,
Cette courtisane en madras,
Cette marionnette de marketing,
Empalée sur le sexe-palmier
De vos magazines à la petite semaine.

Mon pays n’est pas,
Cette valetaille à genoux,
Cette figurine de musée colonial,
Enchaînée au piquet du sourire commercial
Derrière les barbelés de vos tours operators de quatre sous.

Mon pays,
N’est pas SEA.
Mon pays,
N’est pas SEX.
Mon pays,
N’est pas SUN.

Ne vous en déplaise !
Pères et mères,
De Christophe Colon,
De Robinson Crusoé,
De Tarzan et Jane.
Frères et sœurs,
Du douanier Apartheid,
Du contrebandier en catamaran,
Du petit pédophile à lunettes,
De la vieille nymphomane en salopette.

Entendez-le bien !
Bouffons de la Compagnie Créole et d’ailleurs,
Oncles TOM et tantes DOM de tous acabits,
Béni-oui-oui en cravates carcans et colliers choux,
Filles de joie en carte bleue, cravaches et culottes en courants d’air,
Croupiers proxénètes,
Croque-mitaines en goguette,
Corsaires et flibustiers nostalgiques,
Détrousseurs de liberté,
Administrateurs de lupanars,
Bâtisseurs de bantoustans.

Mon pays,
N’est pas SEA,
N’est pas SEX,
N’est pas SUN.

Claude Ledron.

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Musique, danse et résistance en Guadeloupe et en Martinique

Dans l’aire géoculturelle caribéenne, il n’est pas rare que la musique ou la danse se voient attribuer une fonction de résistance. Cette fonction peut se comprendre comme un héritage de la période esclavagiste pendant laquelle les musiques et les danses servaient autant à différencier les Africains les uns des autres que les Européens des Africains. Cette notion de résistance est notamment associée aux quadrilles, bèlè et gwoka de Guadeloupe et de Martinique. – See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12353#sthash.n9y5dM6H.dpuf

Dans l’aire géoculturelle caribéenne, il n’est pas rare que la musique ou la danse se voient attribuer une fonction de résistance. Cette fonction peut se comprendre comme un héritage de la période esclavagiste pendant laquelle les musiques et les danses servaient autant à différencier les Africains les uns des autres que les Européens des Africains. Cette notion de résistance est notamment associée aux quadrilles, bèlè et gwoka de Guadeloupe et de Martinique.

Pour en savoir plus :

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12353

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Identité et diversité culturelle

Selon la définition de l’Unesco, on entend par culture, l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social.

La diversité culturelle se manifeste par la reconnaissance des différentes langues, histoires, religions, traditions, modes de vie ainsi que toutes les particularités attribuées à une culture.
« Les humains doivent se reconnaître dans leur humanité commune, en même temps que reconnaître leur diversité tant individuelle que culturelle. » (Edgar Morin)

Comme l’explique Edgar Morin, l’unité et la diversité humaine doivent être liées : en parlant d’unité il ne faut pas oublier ce qui nous différencie et en parlant de diversité ce qui nous lie.

L’unité et la diversité sont indissociables pour permettre aux sociétés modernes d’exister sans conflit. Ce qui nous rassemble nous permet de coexister ensemble et ce qui nous différencie permet aux individus d’exprimer leur singularité, leur particularité.

Pourquoi défendre la diversité culturelle ?

Une langue, une culture, une civilisation qui disparait c’est la disparition irréversible des valeurs qui lui sont associées.

Les cultures sont le patrimoine de l’humanité, il faut les préserver au même titre que l’environnement.

Autres pistes de réflexion :

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L’afaka : l’écriture d’un peuple marron

L’afaka est une écriture inventée il y a un siècle au Surinam pour transcrire une langue créole, issue de l’esclavage et du marronnage. Son histoire à rebondissements est riche d’interrogations historiques, linguistiques et artistiques. – See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12373#sthash.RhmBjYOp.dpuf

L’afaka est une écriture inventée il y a un siècle au Surinam pour transcrire une langue créole, issue de l’esclavage et du marronnage. Son histoire à rebondissements est riche d’interrogations historiques, linguistiques et artistiques….

Pour en savoir plus :

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12373

L’afaka est une écriture inventée il y a un siècle au Surinam pour transcrire une langue créole, issue de l’esclavage et du marronnage. Son histoire à rebondissements est riche d’interrogations historiques, linguistiques et artistiques. – See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=12373#sthash.RhmBjYOp.dpuf
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Histoire d’une utopie émancipatrice

Il y a cinquante ans, le général de Gaulle présidait à la création du ministère des affaires culturelles. La naissance de cette institution a précipité le déclin d’un autre projet, à présent méconnu : l’éducation politique des jeunes adultes, conçue dans l’immédiat après-guerre comme un outil d’émancipation humaine. Pour ses initiateurs, culture devait rimer avec égalité et universalité.

Pour en savoir plus :

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/05/LEPAGE/17113

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Cyril Lionel Robert James : « le Platon noir ».

[cml_media_alt id='490']Le platon noir[/cml_media_alt]

Né en 1901 sur l’île de Trinidad, Cyril Lionel Robert James est une figure majeure de l’histoire intellectuelle et politique du XXe siècle. Au-delà de son livre Les Jacobins noirs, il est l’auteur d’une œuvre foisonnante qui nourrit les pensées critiques contemporaines, tout particulièrement les cultural et postcolonial studies.

http://www.laviedesidees.fr/Le-Platon-noir.html

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